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Merci DEWI. (25/10/2018)
Parfois je suis étonné de ce que je suis capable de dire à mes clients, je m’en étonne moi-même, ca sort tout seul. Et puis je me félicite de posséder en moi cette vision du monde et cette intuition, au moment ou j’entends leurs réponses. Cette semaine un monsieur me dit : “Si ce n’était pas vous en face de moi, jamais je n’aurai pu reconnaitre cela.” Si je continue ce boulot c’est pour entendre ce genre de phrase, surtout lorsqu’elle émane d’un homme en plus. Après une séance d’éducation tu dois être intellectuellement lessivé. Le moment que tu passes avec ces humains et leurs chiens représente une juxtaposition de milliers de diapositives que tu dois analyser, observer, afin de comprendre pourquoi tel geste, telle position engendre telle attitude ou tel comportement chez l’autre. Tout absolument tout doit entrer dans ton disque dur, un doigt qui bouge, une respiration que change, un soupir ou une larme dissimulée.
Souvent je lis des critiques sur ma façon très anthropomorphique d’aborder ma profession, je comprends cela tant la société occidentale s’est détachée de toutes les réalités naturelles liées au vivant. Je pensais à tout cela ce matin en regardant Dewi, notre femelle Berger d’Asie Centrale en train de roupiller au chaud dans mon bureau, et en train de manger un morceau de croissant offert par une stagiaire qui bosse avec moi cette semaine. Dewi c’est un bloc de muscle surpuissant, 70 kgs de volonté et de courage et un passé de gardien de château. Arrivée chez nous il y a pas mal d’années maintenant, placée par une association sympa, une chienne proche de l’euthanasie parce que comment dire, elle avait une fâcheuse tendance à vouloir grignoter ses congénères.
Par provocation surement, et pas conviction surtout j’ai toujours considéré Dewi comme un être vivant sensible, je lui ai toujours parlé comme à un humain et je ne lui ai jamais rien appris. C’est une vraie chienne de protection, elle garde nos locaux avec efficacité, elle n’attaque pas elle fait face, elle grogne comme une ourse, comme tous les protecteurs elle est super impressionnante. Aujourd’hui, sous certaines conditions, elle serait tout à fait capable de faire le bonheur d’une famille, bien évidement elle restera avec nous jusqu’à la fin, mais elle pourrait être adoptée. Ce serait un risque de la faire placer , pourquoi me direz-vous. Tout simplement si cette chienne tombe sur un chef, un frustré passionné de hiérarchie interspécifique, elle redeviendra en quelques jours une bombe à retardement, et une bombe surpuissante en plus, susceptible de commettre des dégâts terribles qui pourrait la mener à l’euthanasie. Cette chienne n’a jamais reçu le moindre ordre ici, elle n’a jamais reçu de récompense alimentaire, elle n’a jamais été éduqué avec un quelconque artifice, on fait un max d’anthropomorphisme avec elle, et on en est fiers.
Elle restera avec nous jusqu’au bout, je ne sais pas si elle est heureuse ici, mais au moins elle mourra de sa belle mort avec nous. Pas par une seringue…

Article du 22/10/2018

Depuis le début de mon activité, j’ai toujours veillé à avoir avec moi les coordonnées de mes confrères éducateurs canins. D’ailleurs je n’ai jamais hésité à les transmettre à certains de mes clients, afin de leurs offrir le choix entre moi et un autre. J’ai toujours pensé que cela ne servait à rien de perdre du temps, et de l’argent, avec une personne au profil non adéquat. De plus je crois qu’un éducateur canin, ou un comportementaliste, brillant et malin, peut acquérir une sorte d’ aura particulièrement néfaste pour le chien et son humain.
J’ai déjà vu des chiens tourner en rond au dessus de la tête d’un « professionnel », relier au guignol par une chaine et un torquatus. Et le maître immobile en train de regarder la scène sans broncher.
Alors oui je sais, certains vont dire : « Ben avec moi je peux te dire que cela se passerai pas comme ça. Je lui mettrai mon poing dans la g….. à l’autre c……. » Tatatata, t’en sais rien, si t’a pas vécu l’affaire, tu sais pas ce que tu aurai fait. Si vous doutez encore de la puissance de l’autorité, je vous invite à prendre connaissance des synthèses de l’expérience de Stanley Milgram. Et si vous trouvez que cette expérience est sujette à controverses, ce qui est vrai pour toute expérience d’ailleurs, je peux vous sortir des tas d’autres expériences contemporaines ayant servi à étudier la soumission à l’autorité.
Cohabiter avec un chien, c’est faire un travail sur soi, et n’en déplaise à certains, c’est aussi se plonger dans son inconscient pour y trouver des réponses à notre propre condition, notre place dans la société ou encore chercher à comprendre pourquoi cette animalité me renvoi à ma propre humanité.
La personne qui vit avec un chien, qui fait appel à un professionnel de l’éducation fait face à ses limites, elle accepte qu’elle a failli dans certains domaines, et il faut un grand courage pour venir chercher de l’aide. Cette personne se trouve à ce moment dans une situation déstabilisante, difficile et passagère, elle vit une souffrance « émotionnelle » profonde qui créé des failles dans lesquelles une personne brillante peu facilement s’engouffrer.
Le métier d’éducateur canin, comme bon nombres de métiers ayant un rapport avec les animaux, est un métier très particulier. C’est une activité hors normes, passionnante et fantastique qui engage énormément de responsabilités et que l’on a trop longtemps laissée aux mains d’individus rustres et sans instruction.
Pourquoi je vous parle ce matin de l’influence qu’il est possible d’exercer sur le propriétaire d’un chien qui vient nous demander de l’aide. Et bien parce qu’au cours de mes lectures diverses et variées, je suis mal à l’aise face à certains discours que je trouve manipulateurs et dangereux. Il n’existe qu’une seule vérité, toi, l’humain(la famille) et son chien. Un, deux, trois et point barre. Rien d’autre…
La triangulation engage les trois pointes de la figure, et cela doit impérativement circuler dans tous les sens, cela doit s’équilibrer, le but est de résoudre une situation pathogène et surtout ne pas en ajouter.
Les réseaux sociaux peuvent êtres de formidables vecteurs, ils permettent de donner un éclairage à certaines personnes qui n’en auraient pas eu par ailleurs (moi par exemple), mais ils laissent aussi la possibilité à des manipulateurs, des pervers narcissiques, ou autres tordus de s’engouffrer dans des failles béantes.
Soyez attentifs au chien certes cela peut se comprendre, mais aussi aux humains qui les accompagnent. Ne jouez pas à l’expert hautain et méprisant. Si je pouvais faire une statistique du nombre de personnes que je reçois, totalement découragées et en larmes, qui me disent simplement, j’ai vu un de vos confrères et je n’ai pas compris pourquoi il ne m’a pas écouté.

 Humeur  du 2/08/2017

Ton chien fait ce que tu veux qu’il fasse voyons.

C’est vrai, j’avoue, ça va pas être simple à comprendre mais comme cela me semble important…. je me demande pourquoi tu veux modifier le comportement de ton chien dans la mesure ou c’est toi qui lui demande d’agir de la sorte.
Alors j’entends déjà les remarques désabusées : “ Mais enfin non j’ai jamais demandé à Médor de grignoter ma table de salle à manger ou de pincer les fesses de tante Yvette. “ Qu’ est-ce que tu en sais, tu causes le chien couramment toi ? En tout cas ce que je sais c’est que l’on maîtrise qu’une partie dérisoire de nos capacités mentales, et qu’ il n’ est pas impossible que notre inconscient dirige Médor et le fasse agir en dehors des clous. Tu comprends ou je veux en venir ?
Par contre, ne me prêtez pas cette phrase débile que l’on entend à tous les coins de rue : “ Il n’y a pas de mauvais chiens, il n’y a que de mauvais maîtres. “ C’est une connerie, surtout que ceux qui te sorte cette phrase en général ils mettent rien derrière. Tu parles d’une aide précieuse. Faut savoir ce que l’on veut, à partir du moment ou l’on accepte que les espèces non-humaines sont aptes à la cognition supérieure, on peut envisager qu’ils puissent avoir des comportements sensiblement identiques aux nôtres. Ben oui pourquoi ils pourraient pas êtres aussi cons que nous parfois. Par contre, je le redis ce qu’ils font c’est toi qui leur a demandé de le faire.
Cette question je me la pose depuis de très longue années, parce que je vais vous balancer un scoop, je suis pas très doué pour éduquer les chiens. Déjà leur faire faire un truc, pas tirer sur la laisse, s’asseoir ou je ne sais quoi encore, ben ça m’emmerde prodigieusement. Oui ça m’emmerde et en plus je n’y vois aucun intérêt. Alors que ce soit les super dresseurs dominants à collier étrangleur, ou les supers éducateurs à clicker saucisse, leur savoir et leur science sont bien trop complexes pour mon cerveau. Hormis pour des notions de respect de l’animal, je me fou bien pas mal de ce qu’ils font et des résultats qu’ils peuvent obtenir.
J’ai un petit chien à la maison, Eliot, c’est un chien chinois variété a houppette poudrée, oui ça s’appelle comme ça. Ça ne s’invente pas de toute façon. Il a huit ans le pépère et je peux vous dire qu’il est allé partout avec moi, en ville, en forêt, dans des hôpitaux, les écoles, jamais de laisse nulle part. Toujours en live. Un amour de chien pratiquement parfait, pour mes critères en tous cas. Eliot si je le laisse en liberté devant mon bureau et que mon voisin passe, ben il devient fou et s’accroche à ses bottes. Je vais quand même pas corrigé ça, puisque ça m’éclate et que mon voisin est un gros con. Donc ben Eliot, sans que je lui dise, il sait bien ce que je pense de mon voisin, puisqu’il lui bouffe les bottes et le falsard. Il fait ce que je veux qu’il fasse.
Les gens comme moi, pas très doué pour la mécanique, lorsque l’on souhaite parvenir à créer des interactions avec d’autres espèces vivantes, on utilise notre cerveau. Ça veux pas dire qu’il est plus rempli que celui des autres non. Ça veut juste dire qu’on fait avec ce que l’on a. Notre cerveau et notre corps tout entier. Un picotement dans les doigts de pieds, le ventre qui se serre, la vessie qui parle, une urgence pour les toilettes, l’œsophage qui devient insupportable, le cœur qui n’accélère pas mais que tu entends cogner, le mal de tête, la bouche sèche et des odeurs étranges qui montent dans ton nez. Quand tu fais face à un chien tu écoutes tous ces signes et leurs apparitions. Tu sais que ton chien possède une conscience, et que cette conscience a conscience de toute chose, comme la dit HUSSERL. Le chien il s’imprègne de l’environnement, il s’imprègne de toi et toi tu fais pareil. Et a un moment, un moment précis, le chien va faire une chose tu va voir et tu va comprendre, même chose pour ton chien il va te voir faire une chose et va comprendre.
C’est comme être dans la rue regarder une vitrine et sentir une douleur désagréable dans la colonne vertébrale ou le coté du dos. Pourtant personne t’a touché ni même effleuré. Cette douleur n’est pas un problème de santé tu le sais parfaitement. C’est juste qu’une personne est passée dans ton entourage et a provoqué chez toi cette douleur. Tu sais que cette personne est toxique pour toi pourtant tu ne la connais pas, mais ton corps te l’a dit.
Avec nos animaux domestiques il n’y a pas de différence, hormis que nous cohabitons et que nous leur demandons d’agir selon notre bon vouloir. Enfin selon notre bon vouloir, lorsque l’on a possibilité de verbaliser et d’ objectiver nos demandes. Il y a des tas de choses subjectives et inconscientes qu’on leur demande et dont on maîtrise très difficilement les paramètres. C’est aussi pour cela que les résolutions mécaniques sont efficaces, car elles permettent de résoudre des problèmes que l’on ne comprend pas.
La troisième voie entre les “traditionalistes” et les “positifs”, elle est là selon moi.

Humeur  du 24/07/2017

Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables.

 
Cela faisait plus de dix ans que je n’étais pas parti (vraiment) en vacances. C’est précieux les vacances on ne devrait pas s’en passer. Je peux vous dire qu’à compter de maintenant je partirai chaque année quoiqu’il m’en coûte. Bien sûr je ne vais pas vous saouler avec mes souvenirs de vacances, rassurez-vous. Je vais vous embêter avec mes pensées de vacances. Parce que voyez vous, je me suis dit que durant 15 jours la terre avait continué de tourner et que ma “déconnexion” n’avait en rien influencé la marche merdique du monde. Bref je suis comme vous tous, absolument pas indispensable.
J’ai orienté ma pensée vers la nécessité absolue de poursuivre le combat pour le respect et la reconnaissance de “l’humanité” des animaux. Plus je rencontrerai de crânes vides dominants dresseurs et plus je me battrai pour promouvoir et dispenser mon opposition à ces pensées moyenâgeuses. L’animal est un être sensible, pensant et doué de réflexion, il est notre égal, et même si je ne suis pas totalement sûr de sa capacité à valider une théorie de l’esprit, il est apte à la métacognition et à l’intentionnalité. C’est ma conviction profonde, née de mon expérience, de mes travaux empiriques et de mes études spécifiques. Va savoir je me goure peut-être complètement, mais je suis allé en vacances figures toi, et même si je me plante m’étonnerai que la terre se mette à tourner dans l’autre sens. Il n’y a que les scientifiques et les incultes pour croire qu’ils ont raison, et je ne suis ni l’un ni l’autre.
Il existe toujours une théorie pour s’opposer à une autre théorie, c’est la loi de Murphy, l’emmerdement maximum. Mais une chose est sûre pour le moment si vous êtes plutôt enclin à voir les choses comme moi, vous n’êtes pas dans le camp des plus nombreux, loin de là. J’ai lu un post désespéré ce matin d’une jeune femme qui trouvait le combat difficile. J’avais envie de lui écrire lâches pas tu es sur la bonne voie, mais par contre cultives-toi, car si tu es démunie devant l’adversité c’est parce que tu n’a pas encore assez approfondi les concepts qui te semble les plus justes. Penses à CIORAN, est à l’inutilité des convictions.
Mes devoirs de vacances furent consacrés modestement aux travaux de Françoise DASTUR. Cette spécialiste de la déconstruction et de la phénoménologie prône la complexité du discours, c’est hard à piger franchement, mais faut piquer des idées à droite et à gauche. Derrida, Husserl, Heidegger et Merleau-Ponty même si cela vous parait trop ardu, il faut essayer car la bascule est là. Le peu que nous comprendrons de ces concepts va nous permettre d’oser une vision différente. Vraiment faites-moi confiance.
Et puis rien ne remplace les échanges et les rencontres, car un face à face va tout éclairer. Mes amis et moi avons comme projet de multiplier les interventions ludiques à travers toute la France, et croyez moi je me ferai un devoir de rendre accessible au plus grand nombre une pensée philosophique qui peut parfois sembler trop complexe. Il faut que chacun se dise “ Ah ben oui, finalement c’était ça. J’ai compris.” Nous devons élever le niveau de connaissances et de culture, car chez les dominants dresseurs c’est l’inverse qui est au programme. Lorsque je lis les articles de certains professionnels du dressage, c’est le degré zéro de la culture, j’insiste le degré zéro. Y’ a rien c’est vide, d’ailleurs il nous reproche de trop parler, voyez comme nous sommes radicalement en opposition. Chacun son truc, chacun son camp, chacun ses choix, on finira tous au même endroit de toute façon. Dominants ou pas, aucune importance.
Par contre nous devons travailler d’ arrache pieds pour les animaux, la nature et les humains. Pas QUE pour les humains. Et c’est en cela que notre chemin est le bon. Poursuivons notre route, osons…

Humeur  du 09/07/2017

Devoirs de vacances.

 
Techniquement il est très difficile pour l’homme d’ accorder aux animaux une conscience, une culture, une pensée ou une capacité à se situer comme entité dans l’espace. Cette difficulté vient d’un lieu commun où l’homme estime qu’il est le seul à posséder ces qualités. De fait en acceptant de reconnaître ces compétences aux animaux, l’ humain a l’impression de réduire la sphère du spécifiquement humain et craint d’abandonner la culture à la nature. Cette vision ne présente aucune cohérence dans la mesure ou elle ne prend pas en compte les spécificités et les besoins de chacune des espèces, homme compris. La culture et la pensée sont nécessaires à l’homme pour évoluer dans un monde humain, la culture est la pensée sont nécessaires au phoque pour évoluer dans un monde de phoques et au chien pour évoluer dans un monde de chiens.
La phénoménologie nous apprend qu’il faut admettre et dissocier culture animale et culture humaine dans le but de simplifier les choses. Par exemple, si un animal est capable de mémoriser et discriminer en une fraction de seconde des dizaines de chiffres et ensuite de les replacer dans l’ordre, et ce même s’ils sont ensuite dissimulés à sa vue. Ce n’est pas parce qu’il a besoin de ces compétences pour devenir prix Nobel de mathématiques, c’est parce que dans sa vie d’animal il a besoin de cette capacité cognitive pour distinguer ses amis de ses ennemis, et donc sauver sa peau. Il existe le spécifiquement animal lié aux besoins de chaque espèces de même qu’il existe le spécifiquement humain lié aux besoins de l’animal humain. Donc, admettre que les animaux sont capables d’évoluer dans une sphère cognitive supérieure, ce n’est pas réduire les prérogatives de l’homme, c’est au contraire élargir la connaissance et entrer dans un univers pluridisciplinaire et culturel.
Maurice Merleau-Ponty, dans ses cours au collège de France intitulés “ De la Nature”, a tenté de cerner les conditions de l’émergence d’une relation homme/animal en étudiant les déterminants cognitifs de cette relation. Outre que cette relation revêt par nécessité une dimension physique, il y voit aussi une dimension signifiante pleine de sens et d’émotions. Pour lui il n’existe pas d’animaux génériques, car chaque être possède son monde propre et sa propre cognition. Et nul doute que tous les comportements sont complexes tant l’animal est capable de s’adapter à de nombreuses variables, il n’est pas qu’un objet instinctif. D’ailleurs où place-t-on cet instinct, ce concept humain ?
Pour les animaux comme pour les humains on peu se référer aux travaux de Jean Piaget sur l’assimilation et l’accommodation. Assimiler c’est garder le même comportement dans un environnement, s’accommoder c’est modifier son comportement en fonction de l’environnement. Il ne viendrait pas à l’idée de qui que ce soi de nier aux animaux une faculté d’accommodation. Et pour Piaget l’accommodation est facteur clé de la relation.
Nier une cognition aux animaux, c’est nier leurs émotions. “ Les pensées sont au service des émotions comme pour leur donner une apparence rationnelle. Le jugement cognitif est subordonné aux émotions” a précisé Arthur Schopenhauer, et Darwin d’ajouter que “ les émotions sont la mémoire inconsciente des espèces.” Instincts / Émotions, l’émotionnel est présent dans tout.
Alors comment un animal est-il capable de se représenter un “autre”. A-t-il conscience de son propre corps. Dès lors qu’il fait une ébauche de son propre corps, qu’ il se reconnaît face à un miroir, qu’il peut projeter son image corporelle dans l’espace ou bien qu’il est apte à une représentation stable de lui-même, il possède une conscience de soi. C’est cette conscience de soi qui lui octroi la capacité à avoir des interactions riches. Et ce n’est pas de la science fiction, il existe des centaines de vidéos accessibles permettant de démontrer que l’animal possède cette conscience. L’éthologie subjective nous parle de l’esprit animal, elle parle aussi de phénoménologie et de sciences cognitives.
Voilà mes devoirs de vacances… A bientôt, je pars voir la mer.
“ Cage aux lions “ – 1967- Peinture de Gilles Aillaud

Humeur  du 01/07/2017

Beaucoup de chiens viennent nous rendre visite car leurs maîtres déplorent des relations intra-spécifiques un peu tendues.
Dans ces cas de figure, Il faut bien comprendre que la réussite dépend aussi de notre capacité à aborder la psy humaine.
Il est fondamental pour moi d’équilibrer les niveaux Hommes/Chiens, pour créer une ambiance propice que ce soit en intra ou en inter.
Dès que les maîtres prennent conscience qu’ils peuvent penser et observer autrement, et dès qu’ils reconnaissent des capacités cognitives à leur chien, les choses deviennent plus simples.

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Humeur  du 11/06/2017

I know what you think.

Une fois n’est pas coutume et dans la continuité de mon “testament” de la semaine passée, je vais tenter, ce matin à la fraîche, de vulgariser. Petit clin d’œil, je me suis permis de commettre un titre en anglais, cela fait plus savant. Du moins c’est tendance apparemment…
Pour ceux qui le souhaite et comme je me le suis promis récemment, je vais franchir sans vergogne le miroir et aborder de bons gros thèmes bien casse figure. Premier gros mot ce matin, la Théorie de l’Esprit chez l’animal non humain. Et oui, si l’on veut franchir des étapes et ouvrir de nouvelles portes, il faut oser sortir de sa zone de confort et ne pas se contenter de stagner dans la technique et les savoirs totalement maîtrisés. On va laisser le confort aux savants de Paname et aux dominants à collier étrangleur.
L’homme se considère depuis bien longtemps comme un être supérieur, il possède une âme pensante au contraire de l’animal qui est une machine dépourvue de raison. Décidément ce Descartes va m’embêter jusqu’au bout. Pour faire simple l’homme est la seule bestiole rationnelle. Mais l’évolution biologique nous permet de penser que la raison est plutôt liée à la cognition et de fait, l’homme et l’animal sont aptes à réaliser et contrôler leur cognition. Cependant s’il semble acquis que l’animal non humain adapte ses comportements en fonction de son expérience et de son environnement propre, qu’en est-il de ses aptitudes métacognitives ? Petit rappel, la métacognition c’ est la connaissance personnelle d’un individu sur ses capacités et fonctionnements cognitifs. Pour simplifier, je sais que je sais que je sais. Et c’est la que nous franchissons le miroir. En ce qui me concerne je suis persuadé que les animaux possèdent des aptitudes métacognitives car, n’ayant aucune compétence technique, j’ai toujours cohabité avec les animaux sur les bases de ce principe. A l’opposée, les techniciens n’utilisent pas ces aptitudes pour créer de la relation inter spécifique.
Alors j’en reviens au thème du jour, pourquoi parler de Théorie de l’ Esprit. Simplement parce que d’après la conception auto-atributive, il ne peut exister d’activité métacognitive chez un être vivant qui ne possède pas la théorie de l’esprit. J’ai bien conscience que l’on peut m’ attribuer une vision subjective, et je l’accepte. Toutefois il n’existe aucune réponse objective aux questions que je pose aujourd’hui.
Voici les deux courants de pensée qui se détachent actuellement. La conception auto-attributive donc qui estime que la métacognition ne peut exister sans la théorie de l’esprit, et la conception auto-évaluative qui estime que “mindreading” et métacognition sont deux fonctions distinctes qui parfois se complètent. Dans la seconde approche nul besoin d’avoir accès à la théorie de l’esprit pour posséder des aptitudes méta-cognitives.
A ce jour si vous vous situez chez les auto-attributifs vous estimez que la métacognition est une capacité strictement humaine, à l’inverse si vous vous sentez proche de l’auto-évaluation alors vous estimez l’animal non humain comme capable de savoir ce qu’il sait, et d’utiliser ce savoir. Je fais partie de la seconde catégorie de personne, je me préoccupe peu de la théorie de l’esprit pour cohabiter avec les animaux non humains. En les observant je sais qu’ils possèdent une expérience et un savoir, et j’essaye de les aborder comme des étudiants actifs et acteurs de leurs progrès. De fait, je ne formule peu ou pas de demandes précises à mes élèves, je me contente de montrer un chemin et de permettre à chacun d’aller le plus loin possible sur ce chemin.
La rationalité représente la capacité cognitive de chaque être vivant car elle est flexible et adaptable. C’est cette adaptabilité qui permet à un être d’agir en fonction de son environnement. Pour faire plus simple lorsque votre chien exécute une action elle est destinée à obtenir un résultat, ce même résultat qui est le fruit de son expérience et de ces connaissances. Il sait qu’en agissant de la sorte, il peut potentiellement obtenir quelque chose et il connaît ce quelque chose. De fait il n’a pas besoin de “maîtriser” vos pensées, il a juste besoin de savoir ou il va.
Ce petit article que j’ai souhaité vulgariser, me semble être fondamental pour avancer sur ce chemin que nous avons choisi. Si vous souhaitez vous éclater sur le sujet je vous conseille “ La fin de l’exception humaine” de Jean-Marie Schaeffer, “ Redéfinir l’humain” de Joëlle Proust et les travaux de Daniel Dennett sur les solutions alternatives au “matérialisme cartésien” et “ La Conscience expliquée”.

Humeur  du 11/06/2017

Comme un testament…

 “ Rien n’existe dans la conscience qui n’ait existé dans le sens. “ Friedrich NIETZSCHE. La semaine passée, mes chiens et moi avons passé une splendide journée de printemps en compagnie de jeunes enfants handicapés. Une activité que nous pratiquons depuis plus de dix ans dorénavant et qui imprime à notre pensée une réflexion toujours plus neuve. Cependant, il faut bien l’admettre, côtoyer au plus près monde animal et monde du handicap m’éloigne à chaque fois un peu plus de l’humain “normal”. J’ai toujours pensé, à l’instar de nombreux philosophes que les “fous” sont les génies du monde, et ils seront toujours pour moi source d’ apprentissage.
Comme je vis depuis fort longtemps en compagnie d’animaux, je reconnais qu’avec les années je ne sais plus les éduquer au sens où la société souhaite le faire. Pour moi cette cohabitation deviens si simple et naturelle qu’il m’est de plus en plus difficile de l’enseigner de manière technique et simpliste. De plus, je n’ai plus de temps à perdre avec ceux qui veulent posséder des chiens obéissants et capables d’appliquer des demandes. Il me faut basculer de l’autre coté du miroir et transmettre mon ressenti et mes impressions plutôt que mes connaissances.
Comme je l’ai dit très souvent, et je n’ai pas changé d’avis, l’avenir est au pessimisme. L’homme est à ce point abruti qu’il continuera encore longtemps de considérer son chien comme un objet qui doit obéir et que la faim justifie les moyens. Avec l’évolution on a remplacé les gros mots par des mots acceptables mais rien n’a fondamentalement évolué. De plus il existera toujours un humain pour prouver que telle ou telle théorie est sans fondement et qu’ il faut dominer un chien par exemple. Il n’y a pas si longtemps le responsable régional de la DDE, chargé de la circulation dans l’Est, n’avait pas son permis de conduire. Et il existe encore des humains pour penser que les handicapés doivent êtres enfermés. Des humains dominants sûrement, en tout cas je le crois.
Il arrive un moment dans la vie ou on n’estime plus nécessaire de convaincre, on se contente d’exprimer les choses comme elles nous apparaissent justes, peu importe leur portée. Si une personne est d’accord c’est une victoire, si 100 personnes sont d’accord c’est une victoire, si 10 000 personnes sont d’accord c’est une victoire et si nul n’adhère c’est un coup d’épée dans l’eau rien de plus. Ce week-end j’ai encore lu des tas d’articles uniquement basés sur des lieux communs, des légendes urbaines comme je dit souvent. Un truc idiot sur l’anthropomorphisme où les notions se mélangent et se confondent, un truc à charge sans fondements. Un article sur les fameuses ressources avec l’ inévitable chien dans le lit, à notre époque imaginer encore un comportementaliste dire qu’un chien ne peut pas dormir dans ton lit sous prétexte que ça va le rendre agressif, c’est de la science fiction pour moi. J’ai lu aussi le texte d’un blaireau qui prétend que ça fait QUE deux ans que l’on entends dire que la dominance n’existe pas, encore une quiche tombée de la lune. Et puis ce matin j’ai vu le chien docteur et thérapeute, la cerise sur le gâteau en matière de connerie humaine. Le mec (ou la fille d’ailleurs) t’explique qu’un chien docteur ben faut pas rigoler avec ça hein, faut correctement l’entraîner. Ah les cons… Depuis qu’ils ont envoyer un lama sur TF1 tous les QI de portes de granges se sentent pousser des ailes.
Alors on va basculer de l’autre coté du miroir et jamais, je dit bien jamais nous ne ferons de retour en arrière. Face à toi, il y a un animal, tu va le regarder comme si tu regardais un semblable et tu va te servir de tes propres connaissances pour essayer de comprendre sa façon d’appréhender son environnement. C’est pas compliqué, tu as les cartes en mains, tout est dans ton cerveau. C’est pas une question de connaissances, c’est une question d’empathie. Suis-je capable, ou suis-je pas capable ? Tu te dis moi je sais et je connais des choses et lui en face de moi il sait et connaît aussi des choses. Je dois me servir de ce qu’il connaît pour entrer en contact avec lui. Moi aussi je suis un animal, et tout ce que je crois être formidable chez moi est un leurre destiné à me faire croire que je suis supérieur. Je ne suis ni supérieur, ni inférieur, je suis moi tout simplement. J’observe et je vois comment les choses bougent. Chaque modification dans mon attitude, mon comportement, va immédiatement provoquer une réaction en face de moi. Dans l’autre sens c’est pareil. Et petit à petit tu trouvera l’ équilibre. Et si tu n’a pas compris tu recommence.
“ Il ne peut y avoir discussion sans contradiction. “ Cicéron

Humeur  du 11/06/2017

Ces petites journées éducatives mensuelles sont vraiment agréables. Nous pouvons échanger honnêtement sur une vision de la cohabitation inter espèces qui nous tient à cœur
De nouvelles perspectives voient le jour et pour certains la remise en question est profitable.
Heureux d’évoluer dans un univers si particulier et d’offrir à ceux qui le souhaitent la possibilité d’emprunter de nouveaux chemins.

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Humeur  du 9/06/2017

Une amie, pour qui j’ai énormément de respect, me dit souvent  » Le problème dans les échanges c’est le déséquilibre, les niveaux de connaissances sont parfois trop différents entre les acteurs de ces échanges. »
Elle a parfaitement raison et c’est pourquoi il n’est pas forcément toujours opportun de tout vulgariser à outrance.
Bien sûr la connaissance découle de l’instruction, mais elle repose également sur la volonté. Si ta pas envie de te cultiver, ta pas envie de te cultiver, c’est pas plus complexe que ça.
Dans la formation, il faut poser les bases du savoir que l’on désir transmettre et attendre en retour les questions que cette base peut susciter. Et c’est à ce moment qu’il faut rendre le discours plus abordable. Seulement à ce moment, pas avant.
Il arrive un âge ou nous ne souhaitons plus convaincre, juste transmettre et répondre aux questions.
La volonté que nous avons aujourd’hui d’agir le plus possible dans le respect de l’animal est intacte même si aucune des théories que nous évoquons n’est irréfutables.
De tout temps l’homme à voulu « dominer » la nature et c’est cette volonté qui va pousser la nature à soit mourir, soit se révolter.
Celui qui domine un chien veut nous prouver qu’il est supérieur à la nature, et effectivement il n’a pas peur de ce chien. Il a peur de lui même. Il a un besoin irrépréhensible de combler ses lacunes intellectuelles et plutôt que de chercher à apprendre, il préfère contraindre, c’est la seule façon qu’il a trouvé pour se trouver une place dans une société où sans cela il ne serait qu’un médiocre.
Je vous invite aujourd’hui, si vous avez cinq minutes, à vous pencher sur le mythe grec de Procuste. Beaucoup de gens dans le monde animal sont des Procuste…

Humeur  du 1/06/2017

Je crois très sincèrement que cohabiter avec un chien ne présente aucune difficulté pour quiconque.
Les échecs sont le fruit de la pression sociale, du politiquement correct et du regard des autres.
Décider de vivre avec un chien est une démarche positive et agréable, une perspective heureuse.
L’amplitude entre ce que chacun veut faire et ce que les autres veulent vous faire faire est telle, que l’échec arrive. Pour réussir il faut déterminer à son niveau ce qui est bon pour sa famille, chien compris, et écouter son intuition.
Il faut rejeter celui qui connaît, car le synonyme de spécialiste c’est bon à rien.
Jamais notre monde ne fut autant réglementé, aseptisé et dirigé. Et jamais nous n’avons été aussi peu en sécurité.
La réponse est en chacun de nous, posons-nous les bonnes questions. Asseyez-vous au milieu d’un champ, au calme, laisser libre votre chien et ne repartez que lorsque vous aurez verbalisé vos vraies motivations à devenir un humain de compagnie.
Soyez honnête avec vous-même, pensez à ce que vous voulez et fuyez ce que l’on veut pour vous.
Vous verrez ça parait con dit comme ça, mais ça change tout.

Humeur  du 27/05/2017

Hier soir, profitant de ce temps splendide, nous nous sommes baladés dans une ville très touristique du département.
Il y avait beaucoup de chiens et tous sans collier étrangleur. Ce qui est très positif.
Par contre, les gens ne savent pas « danser » avec leur chien en laisse. Les humains sont des piquets qui ne transmettent pas de bonnes informations.
Deux êtres vivants reliés par une ficelle doivent trouver l’osmose dans le mouvement , c’est fondamental.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout et plein air

Pourquoi pas essayer.

C’est un exercice un peu difficile auquel je m’astreins ce matin. Plutôt que de m’offusquer de ce qui me semble incohérent, et en essayant d’éviter des discours trop complexes. Je voudrais ouvrir la voie à une nouvelle vision de l’éducation canine et repenser un débat qui me semble mal engagé. Toutes ces années ont passé et je constate que je déteste toujours autant les dominants-dresseurs, violents fachos et frimeurs, mais je note aussi que je ne me trouve pas beaucoup d’affinités avec les “positifs” de l’éducation canine. Dans la mesure ou je n’ai jamais utilisé, et que je n’utiliserai jamais le clicker et la saucisse. Si on veut bien me pardonner ce raccourci. Alors bien sûr, le mouvement “positif” est à mes yeux respectable, dans la mesure où il tant à œuvrer dans le meilleur respect possible de l’animal, mais désolé non j’y arrive pas, je n’adhère pas.
La semaine passée fut intéressante puisque nous avons pu constater que nous étions un petit nombre de gens perçus comme des “anti-conditionnements”. Je laisserai donc à chacun le soin d’analyser, à son niveau, cette absurdité sémantique totalement vide de sens. Pour quelqu’un qui s’ intéresse à la cognition, faire abstraction des conditionnements c’est comme construire une maison en commençant par la cheminée. Mais bon, lorsque l’on veut se débarrasser de son chien, on lui trouve la rage, c’est plus simple.
L’idée bien évidement n’est pas de prétendre que les conditionnements n’existent pas, la réflexion porte plutôt sur les capacités cognitive plus évoluées dont sont capables les animaux. Et les chiens pour ce qui nous concerne en particulier. Et je vais tenter de résumer la situation.
A la suite d’un certain nombre de découvertes et de travaux, certains philosophes et scientifiques, souvent sous le joug de la pression sociale et religieuse, ont relégué l’animal dans un univers cognitif inférieur et mécanique. L’animal étant considéré comme une machine juste capable de comprendre qu’un bout de fromage est meilleur qu’une décharge électrique. Reconnaissez que l’analyse, même si elle est fondamentalement peu contestable, est assez fortement réductrice. La dessus on a développé des méthodes d’éducation des animaux ayant pour but de les mécaniser et de les dresser pour appliquer des ordres utiles ou socialement acceptables. En fonction de sa propre sensibilité, le dresseur ( ou éducateur) a cherché à mécaniser son animal à sa façon, soit en lui foutant sur la gueule ou en lui filant à bouffer. Ça parait réducteur dit comme cela n’est ce pas, et pourtant…
Perdus au milieu de centaines de “mécanichiens”, il existe un petit groupe de gens qui ont senti rapidement que quelque chose n’était pas claire. Dans la mesure où la cohabitation semblait si facile et naturelle, qu’elle ne nécessite ni ordres ni demandes particulières. Juste une observation honnête et appliquée, et aussi octroyer aux animaux des aptitudes cognitives supérieures en essayant de valoriser leur capacités d’analyse, de compréhension, mais aussi et surtout en essayant de trouver du sens à leurs actions. Tout en acceptant qu’un chien, par exemple, est capable de trouver seul la solution en se servant de ses acquis, de son expérience, de ses aptitudes naturelles et de son analyse de l’environnement.
Je crois très honnêtement qu’il est grand temps maintenant de s’orienter vers une nouvelle forme d’éducation, pour ceux que cela intéresse et surtout pour ceux qui sont capables de ressentir cette situation. Clairement, beaucoup parmi nous sont aptes à analyser et ressentir ces choses si particulières que l’on perçois lorsque l’on se trouve avec des animaux. Cette forme d’anthropomorphisme si souvent décriée, et pourtant si utile et primordiale. Cet anthropomorphisme qui nous permet de résoudre des problèmes si complexes d’agressivité ou de cohabitation par exemple. Car justement les années nous ont permis de constater que cette vision si particulière nous a permis de solutionner des centaines de problèmes posés.
Clairement il faut que certains maintenant fassent confiance à leurs intuitions et à leurs émotions. Cessez donc de chercher à tout prix des solutions mécaniques. Face à des problèmes les animaux vous montrent la voie, ils orientent votre réflexion, car leur attitude est toujours l’expression d’un sentiment de malaise ou d’incompréhension. Pour eux cette situation ne doit pas durer et ils veulent que cela change. Sinon leur vie en devient insupportable et les conduit à la dépression et à la mort. Ce ne sont pas des machines. Et n’ oubliez jamais que la seule justification que l’homme ai trouvé pour se disculper de sa supériorité sur le monde animal : c’est la parole.

 

Humeur  du 24/11/2016

Je vais simplifier ce matin un truc qui parait vachement complexe. Edmund HUSSERL parle de phénoménologie transcendantale de la conscience. En cela il s’oppose au cogito de René DESCARTES.
Il n’existe pas de cours de phénoménologie transcendantale dans la mesure ou cela concerne la perception que chacun a des choses.
« Si moi je vois une voiture verte, je te dis qu’elle est verte et tu me dis oui elle est verte. Mais ton vert est-il le même que le mien ? Concrètement on peut très bien donner l’impression d’être d’accord sur une chose que l’on ne voit pas du tout de la même façon. »
Toujours selon HUSSERL, l’intentionnalité ne correspond pas à une intention de faire quelque chose. L’intentionnalité c’est la relation entre l’objet et le sujet incarné.
 » Si je vois un ballon de foot. Au moment où je vois ce ballon s’ouvre en moi diverses façons de faire quelque chose avec ce ballon. Ma façon de voir ce ballon et de l’utiliser sera différente de la tienne. Moi je vais mettre un coup de pied dedans et toi tu vas le ranger. C’est ça l ‘intentionnalité »
Alors quel rapport avec les animaux me direz vous ? Et bien en gros tu le sens ou tu le sens pas, tu l’as ou tu l’as pas…
Le meilleur exemple pour moi c’est la difficulté que beaucoup rencontre à lâcher un chien. Même des professionnels. Tu ne peux pas parce que ton esprit n’est pas entraîné à analyser certains paramètres. Tu es perturbé par les effets négatifs et la technique.

retouche guillaume flyer

Humeur  du 16/11/2016

Ce matin j’ai décidé de simplifier les choses. En premier lieu, et je me répète pour la énième fois, celui qui explore de nouvelles pistes concernant la cognition animale, ne s’oppose pas au conditionnement.
Effectivement, nous ne pouvons pas comparer un chien à un humain, il faut prendre en compte les notions de limites dans ces approches. Jamais nous ne pourrons savoir ce que pense un animal. Cependant, il ne fait pas de doute que sa perception du monde qui l’entoure est beaucoup moins basique que ce que l’on veut bien nous faire croire. Il analyse, observe, comprend et peut agir de façon intentionnelle en certaines circonstances. Il est parfois pas si évident d’affirmer qu’il agit par conditionnement. Même par apprentissage latent.
Pourquoi je reviens sur ces fondamentaux, tout simplement par soucis de simplification. En certaines circonstances, j’observe un animal et selon ses actes, je me demande s’il a agit par conditionnement ou s’il a « réfléchi » et agi de manière intentionnelle, c’est aussi simple que cela.
On se pose la question, mais on apporte pas forcément de réponse et surtout on ne possède aucunes certitudes.
Dans un esprit comme le mien, peu scientifique et plutôt philosophique, la réponse liée au conditionnement, n’est pas une évidence. Bien que nous multiplions les études et que nous cherchions à développer nos connaissances, les constats qui orientent nos recherches sont toujours très simples.
Comme je le répète souvent, il faut se référer en toutes situations au canon de Morgan, le principe de parcimonie.
Observez et soyez à l’écoute de votre cœur et de votre ventre. Laissez un peu votre cerveau en veille. N’observez pas votre chien comme un être vivant qui doit faire quelque chose que vous lui demandez. Regardez le comme un être vivant qui, en fonction de ce qu’il voit ou ressent ou analyse, va faire quelque chose de précis avec son propre potentiel et son expérience.
Le malheur de nos animaux domestiques réside dans notre volonté de leur imposer nos vues et de craindre leur éventuelles initiatives. C’est uniquement pour cela que Descartes ( m’énerve celui-la) et Skinner et Pavlov ( m’énervent aussi les deux là), ont autant de succès. Leurs travaux collent parfaitement avec la gestion que l’on veut faire de la société. On veut des humains lobotomisés incapables de penser par eux mêmes, alors les animaux t’imagines.
Arrêtez de demander, cohabitez s’il vous plaît.